Haïti fait naufrage

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Les émigrés haïtiens se font chasser au Bahamas. L’État haïtien est en faillite. Le pays connait une dépression économique.  Le président de la République est sourd-muet. La 50e Législature fait son bilan. Le Premier ministre nommé est convoqué par le Sénat. 

Les vagues marines sont meurtrières. Le défunt président René Préval lors de son mandat demandait au peuple de nager pour s’en sortir. Aujourd’hui, le pays fait naufrage avec tous ses filles et fils. Quel serait le destin haïtien si l’ouragan Dorian avait frappé avant le Bahamas? Malgré tout, les sinistrés haïtiens se trouvent dans le viseur des bahaméens offusqués les qualifiant de porteurs de malheurs qui doivent être lynchés sans hésitation. 

L’haïtien(ne) est réduit à la plus abjecte expression de la bestialité. Les combats à coup de jerrican d’essence dans les stations service transformées en arène au mieux, gaguère au pire, deviennent la norme. 

D’autre part, la rentrée des classes serait un succès entre les hostilités du ministre de l’Éducation Nationale et La Maison d’éditions Henry Deschamps, alors que des parents à ce jour n’ont pas pu encore retirer les bulletins de l’an dernier. L’éducation demeure la clé du succès et cette jeunesse entravée, le futur d’Haïti. 

La nation tout entière est inquiète. Quel est le futur économique du pays? Le carburant, denrée stratégique transversale de l’économie, personne ne sait où le trouver pendant que le gouvernement claironne sa disponibilité.  La stabilité du taux de change est apparente. Il n’existe aucune création de richesse. Le déficit budgétaire est exponentiel. La croissance est faible et stagnante. Le climat des affaires se détériore avec des conséquences directes sur les finances publiques. La caravane du changement pour le pire fait son chemin.

Au milieu de tout cela, la population demande si le président de la République sort de chez lui durant la nuit. Le Président Jovenel Moïse n’est remarqué nulle part. Cependant, c’est le président ayant le plus de porte paroles de l’histoire. Il ne peut ni discuter, encore moins rassembler des acteurs. Entre temps, son petit clan rapproché Agritrans fait la une à la SOFIDAI.

La 50ème législature fait son bilan. Mais de quel bilan parle t-on? Un sénateur suspecté de blanchiment, un autre de kidnapping et un dernier en prison aux États-Unis. Faudrait-il aussi se rappeler d’une poignée de parlementaires qui ne se sont pas livrés à la démagogie? Il fût les sénateurs du G4, le sénateur Youri Latortue de l’Artibonite, farouche ennemi des petro-dilapidateurs, à la tête de la Commission éthique et anticorruption ainsi que le député Jerry Tardieu de Pétion-Ville, président de la Commission pour l’amendement de la Constitution; ce dernier complètement ignoré par la majorité avec son rapport de 30 propositions de reformes constitutionnelles. 

Nos malheurs ne s’arrêtent point là. Des sénateurs proches du pouvoir en place conditionnent leurs votes pour une extension de leur mandat afin de voter le Premier ministre nommé Fritz William Michel. À tout prix, il faut trouver la formule entre l’exécutif et le législatif pour se partager le maigre gâteau des ressources du pays le plus pauvre de l’hémisphère ouest. Bonne fête Haïti!

Stéphane Vincent

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